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Moeurs et histoire des Peuls

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Doris Bonnet
Biographie et travaux de Louis Tauxier

Journal des Africanistes, 54, 2, (1984), 107-114


Sa carrière coloniale et ses activités scientifiques

Né le 2 juillet 1871 à Charenton-du-Cher (Cher), Ludovic Marie Julien dit Louis Tauxier est issu d'une famille bourgeoise, de petite noblesse. Son ancêtre le chevalier Mensuelle Tauxier de la Motte était avocat au parlement de Paris. A la suite de la révolution de 1848, la famille Tauxier est ruinée. Le père de Louis Tauxier, directeur des hôpitaux de Paris, avait pour frère Hyppolyte Henri Tauxier (1828-1896), militaire de carrière, réputé pour son activité scientifique en Afrique du Nord (Géographie de la Libye, Mythes grecs en Libye, Eléments d'un dictionnaire numide et Les deux rédactions du périple d'Hannon, non édité) .
Louis Tauxier avait un frère, Octave Paul, collaborateur du journal monarchiste Action française. Il mourut à l'âge de trente ans.

Après de brillantes études, Louis Tauxier exerce la profession de rédacteur de l'Assistance publique de 1898 à 1904. A partir de janvier 1905, il décide de faire une carrière coloniale et est nommé administrateur-adjoint de première classe des colonies. Il occupe son premier poste en Guinée, successivement à Kankan puis à Faranah, en juin 1906. C'est à la suite de ces séjours qu'il publiera ses deux premiers ouvrages : Le Noir de Guinée (1908) et Le type social du Noir de Guinée (1911).

Le 17 octobre 1908, il est affecté à Ouagadougou (ex-Haute-Volta) en qualité d'administrateur-adjoint des colonies. Son dossier administratif le déclare à Léo le 14 mai 1910. Il recueille au cours de ces deux dernière années des observations sur une population, les Habbe (nom peul pour désigner les Dogon) dont il tirera un article en 1933 dans la revue l'Ethnographie.
De retour en France, ce n'est qu'en 1912 qu'il part pour Nioro dans l'Issa Ber, en tant que commandant de cercle de M'ajonke.

En septembre 1913, il occupe cette même fonction à Ouahigouya. Son ouvrage Le Noir du Soudan. Pays mossi et gourounsi réalisé à partir de son premier séjour voltaïque est déjà publié chez Larose (1912).
Les « rapports politiques mensuels » rédigés par les administrateurs civils et déposés aujourd'hui aux archives de Ouahigouya le signalent en poste à Ouahigouya de septembre 1913 à septembre 1914, puis de mai 1915 à juin 1916 (Marchai : 61). Les notes personnelles de Tauxier, consultées à la Société des africanistes, nous apprennent qu'entre 1913 et 1915 il recueille de nombreuses données sur les Moeurs et l'histoire des Peuls, dont il rédigera de 1933 à 1937 un ouvrage du même titre qui paraîtra chez Payot en 1937.
Après un séjour de plusieurs mois en France, il est nommé à l'actuel Mali en tant que commandant-adjoint au cercle de Kayes, le 7 juillet 1917. Cette année sera publié son Noir du Yatenga, commencé, d'après l'auteur, en septembre 1913 mais rédigé du 9 octobre 1916 au 1er mars 1917, c'est-à-dire durant son séjour en France.

A partir de 1918, sa carrière le conduit à séjourner de longues années en Côte d'Ivoire. Commandant de cercle à Bondoukou (Côte d'Ivoire orientale) de juillet 1918 à août 1920, il publiera sans tarder en 1921 Le Noir de Bondoukou, Koulangos, Кyoulas, Abrons. Six ans plus tard, il ajoutera à cette étude « Un dernier chapitre de l'histoire de Bondoukou » dans la Revue d'ethnographie et des traditions populaires.
Mais Louis Tauxier, infatigable, continue à parcourir de nombreux villages sur son cheval, le crayon et le carnet de notes à portée de main. Cette fois-ci, il effectue deux missions ethnographiques à la demande du gouverneur de la Côte d'Ivoire, M. Antonetti. Cette charge concerne d'une part l'étude des anciens Etats de Kong (1921-1922), d'autre part celle des populations gouro et gagou de Côte d'Ivoire (1922-1923). Ces travaux lui vaudront l'attribution de la médaille Duchesne-Fournet en 1931, « qui soulignait les qualités d'observation et la rigueur de la recherche » (Cornevin, 1975 : 582). De sa première enquête, il recueille 2 800 pages de notes dont il tire deux volumes qu'il ne parvient pas à publier. Nous trouvons ainsi dans ses cahiers personnels, la déclaration suivante :

« En janvier 1924, j'ai demandé la subvention de 10 000 frs au Comité des études historiques et scientifiques ; (…) en novembre 1924, je n'ai toujours rien obtenu. »

Puis, il ajoutera quelques années plus tard :

« Sur mes Etats de Kong j'ai publié les Dorhosié et Dorhosié-Fing du cercle de Bobo Dioulasso (Soudan français), Vocabulaires Dorhosié et Dorhosié-Fing (1931) et Les Gouin et les Tourouka, Résidence de Banfora, cercle de Bobo Dioulasso, « Etude ethnographique, suivi d'un double vocabulaire » (1933) au Journal de la Société des africanistes. Quant à la deuxième enquête, il la publiera chez Geuthner en 1924 sous le titre Nègres Gouro et Gagou (centre de la Côte d'Ivoire).

De 1924 à 1927, Louis Tauxier est commandant de cercle (ou adjoint) à Abengourou (1924), Assinie (1926), et Aboisso (1926) en Côte d'Ivoire. Ces différents séjours lui donnèrent l'occasion de publier en 1932 chez Geuthner Religion, moeurs et coutumes des Agni de la Côte d'Ivoire (Indénié et Sanwi).
Il rentre en France le 2 février 1927.

Administrateur des colonies en retraite depuis décembre 1927, Louis Tauxier ne cesse pas pour autant ses activités scientifiques. Il devient membre de nombreuses sociétés d'ethnographie dont la Société des africanistes dès sa création par le général Gouraud et Paul Rivet en juillet 1930. Il y occupe successivement les fonctions d'archiviste-bibliothécaire en 1933, et de vice-président en 1939, en compagnie de MM. G. Hardy et M. Leenhardt en 1941. Il y fait des exposés, notamment sur « l'antique métropole de Ghana », à la demande de Madame Denise Paulme (séance du 8 mai 1940).
Louis Tauxier est aussi membre du Comité d'études historiques et scientifiques de l'Afrique occidentale française (créé en 1916 et remplacé en 1939 par l'Institut français d'Afrique noire) et de la Société du folklore français et du folklore colonial (dont le vice- président est Marcel Mauss). Il publie dans la revue du même nom des notes de lecture sur « L'origine exacte du Vaudou dans l'Ile magique » (1932) et sur « Les Kroumen de la forêt de la Côte d'Ivoire d'après Hostains et d'Ollone » (1935). Pour le premier article il s'agit d'un commentaire de l'ouvrage de l'Américain M. W. Seabrook (L'île magique) où l'auteur situait l'origine du Vaudou au Congo. Tauxier reprend à cette occasion plusieurs rituels décrits par Seabrook à Haïti et explique en quoi leur origine est en fait au Dahomey (actuel Bénin). Quant au deuxième article, Tauxier présente le parcours entrepris en 1899 par deux voyageurs, Hostains et d'Ollone, de la Côte d'Ivoire au Soudan, à l'occasion duquel ils avaient publié leurs notes de voyages, descriptions concernant quelques sociétés ouest- africaines.

En juin 1931, Louis Tauxier présente une communication à l'Institut français d'anthropologie sur « Les fables des Ouobe (population de la Côte d'Ivoire) » publiée en 1933 à la revue L'Anthropologie. En avril 1933, il fait part à la Société d'ethnographie de Paris de ses connaissances sur les « Dieux et fétiches Habbe ».

En 1934, il est nommé membre correspondant hors des colonies du groupe de l'Afrique occidentale française.

En 1936, il termine la rédaction de Moeurs et histoire des Peuls (commencé en 1933).
Puis, de 1937 à 1940, Tauxier fait un certain nombre de projets, inscrits dans ses cahiers personnels, mais dont nous n'avons trouvé aucune trace 1. Ainsi, sont prévus pour 1937 la prise de « Notes pour l'histoire de la sociologie » et pour 1938, 1939 et 1940 l'achèvement de la rédaction et la publication de l'ouvrage de son oncle Henri Hippolyte Tauxier (achevé en 1874) et formant deux petits volumes manuscrits de 369 pages au total. Louis Tauxier note ainsi : « C'est intitulé Les deux rédactions du périple d'Hannon. J'y mets une grosse introduction de moi intitulée : ‘Le périple d'Hannon est-il un faux ?’ et qui a déjà 416 pages, à achever en 1940. »

Louis Tauxier meurt le 15 juillet 1942, à l'âge de 71 ans. Sa biographie et son oeuvre seront évoquées par M. Lester, membre du conseil de la Société des africanistes, lors de la séance du 11 novembre 1942.

Ses influences intellectuelles

Pendant 35 ans, Louis Tauxier n'a cessé d'étudier les populations ouest-africaines. Il a livré pour les chercheurs des générations qui lui succèdent des documents d'une très grande richesse d'observation. Se référant à Ernest Renan , il disait lui-même : « Se résoudre à ignorer pour que l'avenir sache » (préface à Le Noir de Bondoukou : VIII). Cette phrase témoigne aussi de la volonté de Tauxier de privilégier « la description des croyances » (préface op. cit. : VII) par rapport à l'explication des faits sociaux. Il se présente non pas en tant que sociologue mais en qualité d'ethnographe. Pourtant il se réclame, au cours de ses ouvrages, d'une école sociologique du XIXe siècle, celle de « l'analyse des faits sociaux » suivant la méthode de Frédéric Le Play dont l'orientation est essentiellement descriptive et informative. Cette école qui avait pour objet l'« étude des groupements humains et des lois sociales » (P. Roux, Précis de science sociale) était représentée par la Société internationale des études pratiques d'économie sociale créée en 1856 par F. Le Play. Elle se proposait de « constater par l'observation directe des faits dans toutes les contrées, la condition physique et morale des personnes occupées des travaux manuels et les rapports qui les lient soit entre elles soit avec les personnes appartenant aux autres classes … Pour atteindre ce but, la société réunit des documents offrant des résultats de ce genre d'observations ; elle les contrôle, puis elle publie ceux qui ont reçu son approbation 2. Elle s'applique également à former des observateurs introduisant dans ces recherches une méthode commune qui les rendent comparables, et une exactitude qui en recommande les résultats à l'attention publique. »

De 1858 à 1876, la Société a ainsi fait paraître, sous le titre Les ouvriers des deux mondes, cinq volumes comprenant quarante monographies toutes dressées à partir d'un plan comparable, d'après une méthode analogue, celle-là même que Tauxier va utiliser dès 1908 dans Le Noir de Guinée et jusqu'en 1942, année de sa mort, dans l'Histoire des Bambara. Cette méthode avait pour ouvrage de référence le livre de F. Le Play Les ouvriers européens pour lequel il avait reçu en janvier 1856 le prix Montyon, décerné par l'Académie des sciences de Paris. Tauxier dans Le Noir du Soudan (1912) va reprendre cet ouvrage afin de comparer la description de la famille mongole, slave et arabe, faite par Le Play, avec ses propres données sur les sociétés soudanaises. Il présente alors une typologie de l'organisation familiale ouest-africaine selon le modèle de F. Le Play et de Ed. Demolins, où les Bobo, Malinké, Bambara, Gurunsi, Dogon notamment sont classés en tant que « races patriarcales stables ». Il critique à cette occasion les écrits de M. de Preville (1894) qui considérait « toutes les sociétés sud-équatoriales comme étant matriarcales » et qui « ne traitait pas du culte des ancêtres si important cependant chez tous les Noirs de l'Afrique occidentale » (p. 2). Cette typologie de l'organisation familiale va susciter au sein de l'école de « la Science sociale » une polémique. Dans Le Noir de Guinée l'exposé que Tauxier avait fait de la notion de propriété et d'héritage dans plusieurs sociétés ouest-africaines l'avait déjà opposé à M. de Preville, membre de l'école, qui, lui-même, avait émis des objections à propos de « l'interprétation des faits présentés par Louis Tauxier » (numéro de janvier 1909 de la revue de La Science sociale). Le type social du Noir de Guinée sera écrit en réponse aux critiques formulées par M. de Preville.
Frédéric Le Play, au fil des ans, a acquis des ambitions d'ordre sociopolitique plus qu'épistémologique. Il affirme qu'il n'y a pas de démocratie prospère sans une forte organisation de la famille , et que là où l'esprit religieux s'affaiblit et où les liens familiaux se relâchent, le niveau moral s'abaisse et l'état déchoit. Ces idées s'appuient selon lui sur les observations qu'il a faites lors de ses voyages en Europe et en Asie de 1830 à 1855. Les conclusions qui ressortent de ces faits observés sont présentées dans La réforme sociale en France, L 'organisation de la famille, L 'organisation du travail.
Mais bien que Le Play fasse partie des fondateurs de la sociologie, il ne sera jamais reconnu « comme un de ses initiateurs les plus importants » (R. Boudon : 74).
Louis Tauxier semble avoir cherché dans l'école de la Science sociale une méthode de travail plus qu'un instrument d'analyse. La préparation bibliographique recommandée par cette école a certainement satisfait son caractère méthodique. La plupart de ses ouvrages sont en effet précédés d'un ensemble de références relatives à tout ce qui a pu être écrit sur la population avant son propre travail. Ainsi, dans Le Noir de Bondoukou, Tauxier donne les connaissances acquises sur ces populations depuis le passage de Binger en 1888. Dans Le Noir du Yatenga, c'est un véritable inventaire bibliographique de l'Afrique occidentale française qu'il nous livre de 1885 (Bèrenger-Feraud) à 1915 (Ch. Monteil). Dans Le Noir du Soudan (1912), il fait état des premiers auteurs qui, selon lui, ont étudié les sociétés africaines : Abel Hovelacque (Les Nègres de l'Afrique sud-équatoriale, 1889) etM.de Preville (Les Sociétés africaines, 1894).
A la fin de la plupart de ses ouvrages, Tauxier présente des appendices : index lexicaux précieux, vocabulaires des sociétés étudiées ou météorologie régionale de l'époque (Religions, moeurs et coutumes des Agni de la Côte d'Ivoire).
Quant au plan même du livre, Tauxier l'écrit lui-même, il s'inspire de « la méthode d'analyse des faits sociaux » de F. Le Play et de « la nomenclature des faits sociaux » de H. de Tourville, disciple de Le Play qui a regroupé à la mort de ce dernier (1882) une pléiade de sociologues et de théologiens.
L'ordre des matières est le suivant :

  1. Etude géographique 3 : description du milieu physique où vivent les populations.
  2. Etude anthropologique ou étude de la race. Tauxier inclut dans cette rubrique les études historique et linguistique
  3. Etude sociographique : description du travail, de la famille, des pouvoirs publics, de la religion.
  4. Etude culturelle ou intellectuelle. Tauxier utilise aussi le terme de folklore pour désigner cette approche, mais, précise-t-il, d'après son etymologie, c'est-à-dire « science des peuples ». Il correspond pour lui à celui d'ethnographie, « mais en réalité, ajoute-t-il, l'acception de ce mot s'est restreinte à ne désigner que la science des fables, contes, légendes et traditions populaires » [Nègres Gourо et Gagou, 1924, préf.).

Sa formation ethnologique

Cette méthode simple mais néanmoins rigoureuse a dû séduire Tauxier à une époque où les administrateurs coloniaux étaient envoyés en Asie ou en Afrique sans une formation ethnologique approfondie.

Avant 1887, les administrateurs étaient en effet recrutés directement par le gouverneur de province. De 1887 à 1905 (période durant laquelle Tauxier occupe son premier poste), ils étaient engagés par l'administration à Paris. Ce n'est qu'en 1912 qu'ils doivent provenir de l'Ecole coloniale. Avant cette date, les deux seuls critères qui étaient exigés pour devenir administrateur des colonies étaient être bachelier et républicain. Les moins bien classés partaient en Afrique tandis que les meilleurs étaient envoyés en Indochine où le salaire et l'avancement étaient plus importants.

En 1890, fut créé le premier cours d'ethnologie générale à l'Ecole coloniale. En 1895, le cours fut suspendu puis repris sous l'appellation d'« anthropologie coloniale». En 1897, les élèves pouvaient apprendre l'arabe et le malgache.

Avant les années 1900, la politique coloniale développait la doctrine dite d' « assimilation » qui visait à ce que les populations indigènes soient assimilées à des citoyens français. A partir de 1900, et principalement durant l'entre-deux-guerres où apparaît un certain « humanisme colonial » 4, le ministère des Colonies adopte la doctrine dite de l'« association » qui recommande, au contraire, le respect des traditions locales et des structures politiques en place (Cohen : 77).
A l'Ecole coloniale est créée en 1905 une formation sur les coutumes et sur l'histoire de l'Afrique (Cohen : 79). En 1910, le mandingue est enseigné.
Progressivement les professeurs de l'Ecole furent d'anciens fonctionnaires coloniaux. Le plus réputé fut Maurice Delafosse.
Cet esprit de reconnaissance ne signifiait pas l'accès à l'autonomie et à l'indépendance des peuples. L'administration veillait donc à ce que les administrateurs conservent leurs objectifs assignés, à savoir récolter l'impôt et développer l'économie locale. Elle mit en place pour ce faire le système dit de « la plaque tournante » qui consistait en de courtes affectations (généralement de trois ans) qui ne devaient pas permettre aux administrateurs de « s'attacher » à leurs administrés et de défendre leurs intérêts au lieu de ceux de l'administration.

Tauxier a relativement échappé à cette règle. Non seulement il a fait toute sa carrière en Afrique, mais il est resté dans une même aire géographique : huit ans en Haute-Volta, neuf en Côte d'Ivoire. Cette situation lui a permis de relever et d'accumuler de nombreuses notes sur les populations locales et de constituer un excellent corpus de littérature orale (Le Noir du Yatenga, Nègres Gouro et Gagou).

Peut-être faut-il voir dans cette situation un « laisser-faire » de l'administration qui jugeait Tauxier inapte aux fonctions d'administrateur, tout en reconnaissant l'intérêt de son travail ethnographique réalisé, de plus, à ses frais. Il faudrait accéder à son dossier administratif (incommunicable jusqu'en 1991) pour mieux saisir cet aspect de la carrière de Tauxier, car les rapports mensuels des Archives voltaïques ne permettent pas de comprendre pourquoi Louis Tauxier était si peu apprécié par ses supérieurs hiérarchiques. Mais il semble que cela soit le cas pour l'ensemble des administrateurs-ethnologues de l'époque. Le dépouillement des archives de la Société des africanistes, entrepris actuellement par MM. Otto Gollnhofer et Roger Sillans, témoigne encore aujourd'hui de l'intense activité de Louis Tauxier jusqu'à la fin de sa vie.

Publications de Louis Tauxier

  1. 1908, Le Noir de Guinée, Paris, Bureaux de la Science Sociale, 212 p.
  2. 1911, Le type social du Noir de Guinée, Paris, Bureaux de la Science sociale, 2ème période/82ème fascicule : 2-40.
  3. 1912, Le Noir du Soudan. Pays mossi et gourounsi. Documents et analyses, Paris Larose, 796 p.
  4. 1917, Le Noir du Yatenga : Mossis, Nioniossés, Samos, Yarsés. Silmi-Mossis, Peuls, Paris, E. Larose, 790 p. (en annexe : rectifications au Noir du Soudan, vocabulaires samo et foulsé ou nioniossé).
  5. 1921, Le Noir de Bondoukou, Koulangos, Dyoulas, Abrous, etc., Paris, Larose, 771 p.
  6. 1924a, Nouvelles notes sur le Mossi et le Gourounsi, Paris, Larose, 208 p.
  7. 1924 b, Nègres Gouro et Gagou (Centre de la Côte d'Ivoire), Paris, Geuthner, 370 p.
  8. 1927a, La religion Bambara, Paris, Geuthner, XX472 p.
  9. 1927b, “Un dernier chapitre de l'histoire de Bondoukou.” Revue d'ethnographie et des traditions populaires, Paris, t. VIII : 213-224.
  10. 1930a, “Chronologie des rois Bambaras” (1er article), Paris, Outre-Mer, t. III.
  11. 1930b, “Chronologie des rois Bambaras” (2ème article), Paris, Outre-Mer, t. II.
  12. 1931a “Les Dorhosié et Dorhosié-Finng du cercle de Bobo-Dioulasso (Soudan français).” Paris, Journal de la société des africanistes, 1. 1: 61-86.
  13. 1931b, “Vocabulaires Dorhosié et Dorhosié-Finng”. Paris, Journal de la société des africanistes, t. I : 87-1 10.
  14. 1931c, “La religion des Touras.” Paris, Journal de la société des africanistes, t. I : 259-280.
  15. 1932a, Religion, moeurs et coutumes des Agni de la Côte d'Ivoire (Indénié et Sanwi), Paris, Geuthner, 255 p.
  16. 1932b, “L'origine exacte du Vaudou dans l'Ile magique.” Revue de foklore français et de folklore colonial, Paris, t. Ill : 243-246.
  17. 1933 a, “Les Gouin et les Tourouka, Résidence de Banfora, Cercle de Bobo-Dioulasso. Etude ethnographique, suivie d'un double vocabulaire.” Journal de la société des africanistes, Paris, t. Ill : 77-128.
  18. 1933b, “Les fables des Ouobé (population de la Côte d'Ivoire).” L'Anthropologie, Paris, Masson et Cie Editeurs, t. XLII I : 223-224.
  19. 1933c, “Les Habbés.” L'Ethnographie, nouvelle série, n 27 : 99-101.
  20. 1934, “Sur les Kissi. Nègres de la Guinée française et leurs statuettes en pierre.” L'Anthropologie, Paris, t. XLIV : 471-472.
  21. 1935, “Les Kroumen de la forêt de la Côte d'Ivoire, d'après Hostains et d'Ollone.” Revue de folklore français et de folklore colonial, Paris, t. VI, n 3 : 137-162.
  22. 1936, “Féticheurs contre sorciers.” Revue moderne de médecine et de chirurgie, Paris, 34ème année, n7 : 197-202.
  23. 1937a, “Crimes et superstitions indigènes. Féticheurs contre sorciers.” Bulletin des juridictions indigènes et du droit coutumier congolais, Elisabethville, t. V : 22-25.
  24. 1937b, Moeurs et histoire des Peuls, Paris, Payot, 422 p.
  25. 1939, “Deux petites populations peu connues de l'Afrique occidentale française : les Ouara ou Guala et les Natioro.” Journal de la société des africanistes, Paris t. IX : 159-195. 1942, Histoire des Bambara, Paris, Geuthner, 228 p.

Notes
1. Nous n'avons pas entièrement dépouillé les archives de la Société des africanistes.
2. Les deux premiers ouvrages de Tauxier, Le Noir de Guinée (1908) et Le type social du Noir de Guinée (1911), ont été édités par les Bureaux de la Science sociale.
3. Nous employons les termes utilisés par Tauxier.
4. Girardet : 127.

Bibliographie générale